Montagnes et lacs, fils conducteurs de ma vie

Depuis toujours, les montagnes et les lacs occupent une place essentielle dans ma vie. Ces deux éléments de la nature ont façonné mon regard sur le monde, mon équilibre et même ma manière d’habiter le temps.

Les montagnes ont d’abord été celles du Massif des Bauges, en Savoie, des reliefs familiers, empreints de silence et de lumière, où j’ai appris à aimer la marche et la lenteur. Puis il y eut la Chartreuse, plus secrète, plus mystique, où chaque sentier semble inviter à la méditation. Aujourd’hui, c’est le Vercors qui m’accompagne, massif de falaises et de forêts, à la fois sauvage et accueillant.

À chaque montagne a toujours répondu un lac.

Tout d’abord, le lac du Bourget, berceau de mon enfance, vaste et changeant, miroir du ciel et des humeurs. Puis le lac d’Aiguebelette, berceau de l’enfance de mes fils, plus intime, dont les eaux vert émeraude apaisent et rassemblent. Enfin le lac de Paladru, berceau de mon amour éternel, lac de lumière, dont les reflets bleus gardent en eux la douceur des étés poétiques passés.

Aujourd’hui, il me manque la présence d’un lac, ce calme absolu, cette respiration horizontale qui équilibre la verticalité des montagnes. Comme s’il fallait l’un pour comprendre l’autre, la hauteur pour donner sens à la profondeur, le silence des cimes pour faire vibrer celui des eaux.

Cela m’inspire un poème. Et c’est aussi un appel…

« Aujourd’hui, il me manque un lac.

Il me manque cette surface tranquille,

où le regard se repose après l’ascension,

où souffle et cœur restent paisibles,

en cet endroit qui changent les perceptions.

Aujourd’hui, il me manque un lac.

Pour avancer la tête dans les étoiles et les pieds sur Terre,

dans cet espace inaltérable où l’eau vient répondre à la pierre.

Aujourd’hui, il me manque un lac.

Car entre montagnes et lacs s’est dessinée ma vie,

existence parfois douloureuse et aussi faite d’harmonie.

C’est entre puissance verticale et magnifique horizon,

que je trouve ressourcement et création, espoir et passion.

Ainsi se résume mon parcours un peu bohème, d’éveilleuse itinérante,

de routes qui s’ouvrent, de pistes qui redécouvrent, de sentiers qui serpentent.

Vivant entre deux eaux pour mieux percevoir et caressant les roches qui soignent,

des cimes qui se souviennent de l’eau et d’eaux qui rêvent de montagnes».

Sandrine Le Banner © Octobre 2025